Bonjour, mes futurs locataires me demandent de préciser, dans le contrat de bail de 9ans d'une habitation principale de 9 ans, une répartition des pièces de la maison unifamiliale qu'ils comptent louer ensemble : préciser qu'il y aura un partage des communs entre eux (jardin, séjour, cuisine, sdb) au RDC et que chacun occupera par ailleurs un étage différent pour les chambres à coucher. Le but étant, pour eux, de pouvoir partager un bien ensemble sans pour autant être considérés comme 'cohabitants' et de garder ainsi leur statut de 'personne isolée' pour éviter une réduction de leurs allocations de chômage notamment. Est-il conseillé, pour le propriétaire, d'ajouter cette précision au bail et quels sont les risques pour lui s'il il le fait ? Le contrat risque-t-il d'être considéré de facto comme un contrat de colocation ? Merci beaucoup de votre retour.
Bonjour. Merci pour votre question.
Le maintien d'un taux isolé pour des colocataires (et donc d'éviter qu'ils soient sous un taux cohabitant) est une question en soi très délicate.
Il y a un ensemble de conditions à respecter par les colocataires pour maintenir ce taux isolé.
Pour plus d'infos: https://www.droitsquotidiens.be/fr/question/je-vis-en-colocation-comment-faire-pour-garder-mon-taux-isole-pour-le-chomage
Certes la Cour de cassation est venue préciser ce qu'il fallait entendre pour la condition de « mise en commun des dépenses ménagères » mais cela reste en réalité très controversé.
Sous l'angle du "bail" , il n'est certainement pas de votre intérêt d'insérer ce type de clause !!! Sauf à opter clairement pour un bail de colocation.
Les risques pour le bailleur sont divers et très certainement si ces personnes sont en réalité des "cohabitants".
Très clairement si on insère ce type de clause, le bail pourra être requalifié comme étant un bail de colocation. Ce qui indique que tout le cadre légal en la matière sera applicable.
Aussi par exemple sur le plan urbanistique : votre maison est certainement répertoriée comme étant une unité d'habitation. Ce faisant vous risquez sur le plan administratif que l'on considère que vous avez créer d'autres unités et donc vous mettre en infraction sur le plan urbanistique.
(...)
Un conseil : "prudence"
Bien à vous
TORDOIR Marc
Marc-Philippe Tordoir est depuis 1985 avocat au Barreau de Bruxelles, spécialisé en droit immobilier et de la responsabilité civile.
Ancien Président (ff) de la Chambre exécutive auprès de l’Institut professionnel des agents immobiliers, il est non seulement conférencier et rédacteur juridique, chargé de cours notamment en droit immobilier auprès du CEFIM, de la Louvain School of Management des facultés universitaires UCL-FUNDP-FUCAM-SAINT LOUIS et ICHEC, dans le cadre du diplôme Executive Master Immobilier et en déontologie des agents immobiliers auprès de l’EFPME, mais aussi professeur auprès du Barreau de Bruxelles en droit de la responsabilité civile, de la procédure civile et procédure civile approfondie. Marc-Philippe Tordoir est également auteur et collaborateur actif de la Revue copropriété et droit immobilier, de "l'immobilier en pratique" et le "Postal - la circulation routière" aux éditions Wolters Kluwer. Voir le site de Maître Tordoir
Agent immobilier agréé IPI 500 460, je suis le fondateur d'un réseau de franchise d'agences immobilières sur Bruxelles et dans le Hainaut. J'ai également lancé et géré un syndic d'immeuble professionnel pendant quelques années avant de revendre mes activités. Aujourd'hui je me consacre principalement au digital et je suis co-fondateur de ChoisirUnSyndic.be. Je réponds avec plaisir à vos questions.
Avocat spécialisé en droit immobilier général, droit de la construction, droit de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme et droit de l’environnement, j'interviens à tous les stades de la vie d'un bien (achat, vente, location, gestion, obtention de permis divers, rénovation, construction, ...), permettant d'offrir un service complet pour tout particulier ou entreprise amenés un jour à disposer d'un bien de quelle que nature que ce soit.